09 novembre 2009
Il y a 20 ans...
On en parle depuis des semaines de cet anniversaire de la chute du mur, mais c'est en allant chez La Rimule que les souvenirs sont revenus, en 1989, j'avais 9 ans, je me souviens de ce jour-là, je ne comprenais pas bien, mais je savais que c'était important, j'ai pleuré parce que tout le monde pleurait et moi aussi je voulais un bout de ce mur qui était tombé, 15 ans plus tard, j'étais la-bas, devant les restes du mur, j'ai pleuré encore une fois et puis dans le musée de Check Point Charlie encore un peu, et j'ai pris cette photo...

Berlin, 2004, un pied de chaque côté du mur.
C'était très émouvant d'en discuter avec des personnes de l'ex-RDA, j'en ai parlé des heures dans cette cité-U située en RDA.
De la vie...
Je n'ai toujours pas lu le roman Mademoiselle Chambon, mais quand Babelio m'a proposé sa liste, j'ai demandé si je pouvais recevoir le dernier roman d'Holder, et mon voeu a été exaucé.
Bella Ciao d'Eric Holder, Seuil
Le narrateur est un écrivain alcoolique qui n'arrive plus à écrire une ligne depuis des années. Un matin, sa femme décide de le quitter car elle ne supporte plus sa déchéance. Le narrateur va tenter de fuir sa tristesse en se noyant, mais comme il échoue même son suicide, il décide de prendre sa vie en main, de se relever, de travailler la terre s'il ne peut plus travailler le papier. Il devient ouvrier agricole, il essaie d'arrêter de boire, il essaie de retrouver sa femme et ses enfants devenus grands et qui se sont éloignés de lui.
Je n'ai vu que le film de Mademoiselle Chambon, mais Eric Holder semble avoir le don de peindre des petits riens de la vie qui me touchent, me bouleversent, me laisse le regard rêveur. Ce narrateur se débat dans la vie comme tout le monde et m'a émue énormément (pas autant que les personnages de Mlle Chambon, mais c'est que le sujet me touchait plus).
J'aime décidément beaucoup cet auteur. D'ailleurs je me suis demandée, si ce n'était pas un peu de lui dans ce livre, le héros est écrivain, ce n'est pas un hasard, je crois.
Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour cette découverte.
08 novembre 2009
"Les 11 auteurs de ces lettres, désignés par ceux qui vont les tuer comme des terroristes, sont des résistants"
J'étais résolue à ne rien acheter en entrant dans la fameuse librairie jeunesse de Rouen (L'armitière), mais ma route a croisé un album, un album sur un thème qui je sais me tire toujours des larmes, mais je ne peux pas m'empêcher de vouloir tout lire...
Lettres de jeunes résistants, Mango
Voici donc un album qui rassemble de nombreuses lettres de jeunes résistants écrites à la veille de leur mort et quelques poèmes aussi parce que souvent, des jeunes résistantes, aucunes lettres ne nous sont parvenues (les nazis les exécutaient à l'étranger, par honte!).
Le titre m'a interpellée bien sûr, moi qui n'arrive jamais à finir la lettre de Guy Moquet sans éclater en sanglots (quelle horreur que cette lettre désormais fasse penser à des choses qui n'ont rien à voir, ça me serre le coeur...). La fameuse lettre y était et puis de nombreuses autres dont celle de Marcel Rayman un résistant de l'affiche rouge que j'ai découvert dans L'armée du crime.
Des lettres qui m'ont toutes arraché des larmes, mais qu'il faut connaître je crois, pour que le nom de ces résistants ne tombent jamais dans l'oubli. Des lettres et puis des poèmes aussi dont le terrible Je trahirai demain de Mariane Cohn (c'est d'ailleurs en le voyant là, au milieu de ces lettres que j'ai décidé de céder et de prendre l'album sous le bras, je ne pouvais pas le laisser là), un poème de quelques vers qui vous laissera sûrement comme moi, le coeur en mille morceaux!
Au-delà de mon émotion, je trouve cet album très réussi, chaque page présentant le résistant qui a écrit la lettre et des documents d'époque, parfois des photos des lettres originales. On pourrait craindre que ce soit moralisateur et pourtant c'est juste beau parce que si leur patriotisme porte ces résistants, on perçoit également leur peur "Je n'ai pas peur de la mort, j'ai la conscience tellement tranquille. C'est dur quand même de mourir" (H. Fertet).
07 novembre 2009
L'amour est enfant de bohème
La Bohème de Puccini à l'Opéra Bastille
La vie de bohème de deux artistes qui vont tomber amoureux, le poète désargenté Rodolphe qui tombe amoureux de la douce et fragile Mimi et le peintre traîne misère Marcel qui tombe amoureux de la rouée Musette. Les deux couples vont s'aimer, se séparer, se retrouver et se quitter, pour l'un, sur une note tragique.
J'ai trouvé cette histoire très belle avec d'un côté le couple tragique qui se déchire (malheureusement, j'ai eu du mal à trouver du sex-appeal au chanteur ce qui a un peu limité mon empathie) et de l'autre le couple comique qui se dispute à longueur de temps (Natalie Dessay joue une Musette tordante qui n'hésite pas à crier quand elle manque d'attention).
Les décors étaient encore une fois magnifiques, particulièrement le troisième tableau, les rues de Paris sous la neige qui ont tiré des exclamations de la salle et de moi en particulier.
Un bien bel opéra!
06 novembre 2009
A propos de Naomi
Avec Sandra, nous l'avions offert à Charlotte, mais je ne pouvais plus résister, j'avais envie de le lire, alors je l'ai pris au CDI.
Je ne sais plus pourquoi je t'aime de Gabrielle Zevin, Albin Michel
Naomi a 17 ans, un jour, elle fait une chute dans l'escalier et oublie les quatre dernières années de sa vie. Quand elle se réveille, elle a oublié son petit-ami, son meilleur ami, le divorce de ses parents... Elle va devoir apprivoiser celle qu'elle est devenue durant ces quatre années et en qui elle ne se reconnaît pas. Ce petit-ami ne lui plait plus, elle préfère le mystérieux James qui l'a conduite à l'hôpital, ses centres d'intérêt l'ennuient... Comment va-t-elle faire pour se reconstruire?
Cette histoire m'en a tout de suite rappelé une autre, celle d'A propos d'Henri, un film méconnu dans lequel un avocat odieux devient amnésique après avoir reçu une balle et qui ne va ensuite ressentir que mépris en découvrant l'être qu'il était devenu.
Ces deux histoires nous interrogent, comment se reconstruire quand on est devenu quelqu'un qu'on aime pas? On découvre que ce sont les événements qui font de nous ce que nous sommes, mais que parfois la vie prend des sentiers détournés...
Et puis dans Je ne sais plus pourquoi je t'aime, il y a le torturé James qui surfe sur le creux de la vague de la folie et qui essaie de s'en sortir. Ces deux êtres qui essaient de se reconstruire m'ont émue, et je regrette donc un peu cette fin que j'ai trouvé trop facile.
05 novembre 2009
Dautremer #3 In America
Le Loup de la 135ème de Rebecca Dautremer et Arthur Le boeuf, Seuil jeunesse
Deux vieux monsieurs se souviennent de leur rencontre quand l'un était un petit garçon et l'autre un jeune caïd qu'on appelait "le loup de la 135ème". Ce jour-là, la mère du petit garçon l'avait envoyé porter à son grand-père un gâteau, mais la route du petit garçon croise celle de Chili Vince qui lui proposa de faire la course avec lui, mais le petit garçon se perdit et Chili Vince arriva le premier chez le grand-père pour lui dérober son argent...
Cette réécriture du Petit chaperon rouge est très drôle car le grand méchant loup obtient sa correction bien plus vite que dans le conte. Par contre, je regrette un peu que l'histoire se termine si vite, j'aurai aimé en apprendre un peu plus sur ce Chili Vance.
Les dessins illustrent magnifiquement ce vieux New York et le quartier de Harlem, je suppose.
Une petite découverte qui change du genre de Dautremer et ce n'est pas pour me déplaire.
04 novembre 2009
Renoir le père
Renoir au XXème siècle au Grand Palais
Après une tentative ratée, j'ai enfin pu voir l'exposition consacrée à Renoir au Grand Palais.
J'ai adoré cette exposition car la peinture de Renoir me plait beaucoup, il a appartenu au courant impressionniste, puis s'en est détaché, j'ai d'ailleurs plus apprécié la période impressionniste que le reste.
L'exposition est d'une longueur parfaite, quand j'en avais assez c'était fini. Par contre je trouve que le classement par salles était un peu confus, des portraits, des baigneuses, des portraits, ça manquait un peu de cohérence, et c'est dommage, je n'ai pas l'impression d'avoir retenu grand chose sur l'apport de Renoir à la peinture.
De même la partie photo est très anecdotique, même s'il est rare de voir un peintre vivant en photo justement.
Une expo sympathique pour qui aime ce peintre donc.
Et voici une photo prise au péril de ma vie, j'ai pas pu m'empêcher, c'est mon tableau préféré et j'ai acheté la reproduction à la sortie.
03 novembre 2009
Vintage
Paris de Miroslav Sasek, Casterman
Voilà un très bel album, réédition d'une édition de 1960. L'auteur nous propose un voyage dans Paris, dans le Paris désuet des années 60. On visite ainsi avec lui les différents quartiers de Paris de Montmartre aux Halles, en passant par Saint Michel, Saint-Germain-dès-Près... Les années ont passées et certaines choses ont changé à Paris, on ne trouve plus beaucoup de concierges, il n'ya plus de wagons première classe dans le métro, plus de marché aux Halles et l'éditeur nous rappelle tous ces changements en fin d'album, explications qui sont les bienvenues. On découvre des tas d'anecdotes sur Paris et les dessins ont un petit côté vintage très agréable!
J'ai adoré, et je n'ai qu'une hâte m'acheter la version Londres et Rome. Oh mais je viens de voir qu'il existe aussi Venise et New York, oh mon porte-monnaie tremble!
Cet album m'a été offert par alapage que je remercie, c'est vraiment un très bon assistant pour le père noël ce monsieur Alapage, j'ai reçu l'album en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ce qui est très rare!
02 novembre 2009
Week-end chargé
Ma maman était à Paris, c'était son anniversaire, on a marché, crapahuté, dépensé, c'était un joli week-end!
Des gâteaux à nouveau chez Bread and roses! Cheese cake et Sticky toffee pudding, une tuerie un gâteau aux épices avec du caramel et de la crème fleurette, je ne m'en remets pas!
Faire le plein de catalogues jouets du Bon marché illustrés cette année par Olivier Tallec! (Hiiiiiii!)
M'acheter enfin le fameux champi (merci maman!)
Renoir au musée (je vous en parle plus tard, j'ai adoré)
Voir des coeurs s'envoler dans les rues...
01 novembre 2009
De la vulgarité
Boris Vian était à l'honneur pour le 
Et ce fut dur! De Boris Vian, je ne connaissais que L'écume des jours, traumatisme lycéen, malheureuse que j'étais, je n'avais pas encore lu le livre qui va suivre!
L'arrache-coeur de Boris Vian, Livre de poche
Jacquemort est psychiatre et il a décidé de psychanalyser le village entier dans lequel il vient d'arriver. Mais ce village est un peu spécial et ses habitants ont des moeurs assez horribles. Des foires aux vieux sont organisées dans lesquelles on vend les vieux comme des animaux, les ouvriers ont des apprentis qu'ils maltraitent, les animaux sont torturés, le curé organise des combats de boxe en guise de messe, et dans la maison dans laquelle vit Jacquemort, la mère surprotège ses enfants.
Ce fut une lecture très difficile, et je me suis forcée pour arriver jusqu'à la fin. L'histoire n'a ni queue ni tête, c'est violent, vulgaire (je comprends que ça ait pu choquer à l'époque), oui, bien sûr il doit sûrement y avoir derrière ce récit une critique de la société, mais ce genre de texte incompréhensible me dépasse.
Ca n'a même pas le mérite d'être beau comme dans L'écume des jours.
Boris Vian et moi, on reste donc fâchés!














