Au pays d'Ori

Au pays d'Ori, c'est comme dans tous les pays, on lit, on est prof, on dépense, il y a des livres et des habits

16 novembre 2009

Décapité

salome_uneSalomé de Richard Strauss à l'Opéra Bastille, d'après un texte d'Oscar Wilde
Salomé s'ennuie, elle ne supporte plus les regards concupiscents de son beau-père le roi Hérodias et s'échappe du banquet. Elle va alors entendre la harangue du prophète Iokanaan que le roi a fait emprisonner, mais pas tuer (c'est peut-être un envoyé de Dieu!). Lorsqu'elle le voit, Salomé tombe immédiatement amoureuse de lui, de sa pureté, de son innocence, mais le prophète la rejette car il la trouve souillée. Alors Salomé va vouloir se venger...
L'histoire est époustouflante bien sûr, et comme cet opéra est très court, la tension dramatique monte très vite!
J'étais prise par l'action, j'espèrais que Salomé s'apaise et que Iokanaan s'en sorte, et puis la danse des sept voiles est arrivée et patatra! J'avais lu de nombreux textes de ce passage, censé être érotique quand même, mais malheureusement ce que j'ai vu hier soir était totalement ridicule! Je ne comprends pas comment une danse aussi ridicule a pu pêtre chorégraphiée! A partir de ce moment-là, la tension dramatique était partie, j'avais juste envie de rire!
Une belle adaptation gâchée, c'est bien dommage.

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07 novembre 2009

L'amour est enfant de bohème

ParisLaBohemePosterLa Bohème de Puccini à l'Opéra Bastille
La vie de bohème de deux artistes qui vont tomber amoureux, le poète désargenté Rodolphe qui tombe amoureux de la douce et fragile Mimi et le peintre traîne misère Marcel qui tombe amoureux de la rouée Musette. Les deux couples vont s'aimer, se séparer, se retrouver et se quitter, pour l'un, sur une note tragique.
J'ai trouvé cette histoire très belle avec d'un côté le couple tragique qui se déchire (malheureusement, j'ai eu du mal à trouver du sex-appeal au chanteur ce qui a un peu limité mon empathie) et de l'autre le couple comique qui se dispute à longueur de temps (Natalie Dessay joue une Musette tordante qui n'hésite pas à crier quand elle manque d'attention).
Les décors étaient encore une fois magnifiques, particulièrement le troisième tableau, les rues de Paris sous la neige qui ont tiré des exclamations de la salle et de moi en particulier.
Un bien bel opéra!

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12 octobre 2009

Rasé de près

barbier

Le barbier de Séville de Rossini à l'Opéra Bastille

Si vous avez lu la pièce de Beaumarchais vous connaissez déjà Figaro, le rusé barbier de Séville qui va aider son maître le comte Almaviva à séduire la belle Rosina que son tuteur, le Docteur Bartollo garde jalousement enfermée, en rêvant de l'épouser.
Bon alors, connaissant l'histoire, j'ai trouvé quand même un peu longues ces 2 heures et demi de spectacle. Heureusement les décors étaient vraiment magnifiques (les plus beaux que j'ai pu voir jusqu'ici, mais j'ai été spolié de ceux de Casse-Noisette à cause de la grève!) le dernier décor du salon avec le petit balcon est vraiment extraordinaire, tout le monde a poussé des exclamations en le voyant, c'est vraiment surprenant de voir ce palais aux allures orientales sur scène.
Les "chanteurs" étaient bons, même si j'ai préféré de loin le comte, à Figaro, ce qui est étrange car c'est pourtant lui le héros. Mais le chanteur jouant Almaviva était vraiment drôle, si, je vous jure il nous a interprété une version comique de son personnage, allant même jusqu'à jouer au foot à la fin (bon là, j'ai trouvé ça too much!).
Une version classique donc, enfin sauf les 5 dernières minutes, un peu longuette.

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03 mai 2009

Clindor je t'adore!

IMG_4911L'illusion comique de Corneille par Galin Stoev (Comédie française)
Pridament recherche, depuis des années, son fils Clindor qui s'est enfui à cause du caractère intransigeant de son père. Désespéré, il décide de consulter le magicien Alcandre pour le retrouver. Alcandre va lui montrer en songe ce que son fils est devenu... Mais attention ce que l'on voit n'est pas toujours la vérité!
Mise en scène moderne (ce qui me fait toujours un peu peur), mais finalement très réussie, la scène regorge de portes cachées, de fenêtres, de premier et de second plan. Et finalement, on arrive bien à distinguer l'intrigue avec Pridament et celle qu'il voit en rêve (?).
Denis Podalydès est excellent en Matamore, celui qui a donné son nom à l'expression, Matamore joue les matamore qui tombe toutes les femmes (quand il choisit d'être beau!), combat tous les hommes (quand il n'est pas glacé par la peur!), et préfère offrir le coeur de sa maîtresse à son secrétaire par grandeur d'âme (ou de peur!). Certaine le trouve même charmant, pour ma part, c'est surtout l'acteur qui joue Clindor que j'ai trouvé charmant (Loiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiic Corberyyyyyyyyy!!!), et même qu'à un moment, il est en caleçon sur scène, qu'EN CALECON et donc torse nu et donc... Non mais sinon il joue vachement bien aussi!!

Et juste pour le plaisir!

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01 février 2009

Bollywood!!!

IMG_4508Bharatti au Palais des Congrès
Hier soir, je suis partie en Inde tourner un film de Bolywood! Et c'était trop bien!
Bharati c'est l'histoire d'une jeune fille nommée Bharati (of course) qui tombe amoureuse de Sidharta, un jeune indien élevé en Europe, malheureusement son père, qui défend les traditions ancestrales de l'Inde, s'oppose au mariage.
Si vous avez un coup de déprime, une baisse de forme, foncezzzzzzzzzzzzz!!!! J'y suis allée à reculons et je me peux vous dire qu'à la fin du spectacle, j'étais debout en train de danser! Le spectacle est très beau, coloré, les chorés sont à tomber, c'est drôle. Et les chansons sont géniales! Je veux y retourner!!!! Je veux le cd!!!!

Petit bonus, à l'entrée du spectacle, on nous indiennise à coup de binti et c'est très rigolo! Et j'oubliais la version indienne de la chanson de Joe Dassin Si tu n'existais pas, un must!

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27 novembre 2008

Flûte!

Hier, après m'être pas discrètement sauvée d'un conseil de classe (trop la honnnnnnnnnnte!! Bon en même temps j'étais coincée entre un prof de math et un prof de physique, je ne pouvais que fuir!!!!), j'ai foncé à l'opéra, en évoquant toutes les dieux et les divinités pour que le RER ne rencontre aucun problème, pour aller voir...

Flute

La Flûte enchantée de Mozart

Le prince Tamino est perdue dans un monde mystérieux. Il rencontre la Reine de la nuit qui lui ordonne d'aller délivrer sa fille, la princesse Pamina, prisonnière du "méchant" Sarastro. Il sera aidé dans sa quête par l'excentrique Papageno, l'oiseleur.
Alors attention, la mise en scène de cet opéra est une mise en scène moderne, avec des jeux de lumières et vidéos et des matelas géants qui servaient de décor. Heureusement que j'avais été prévenue (merci Albert!) sinon, j'aurais eu un choc, mais finalement j'ai trouvé ça très original! Le jeu avec les matelas était réussi, par contre j'ai eu beaucoup plus de mal avec les costumes (notamment les lumières "judicieusement placées sur les costumes à des endroits pour le moins... excentriques!).
Et puis l'opéra est chanté en allemand, et j'étais toute contente de reconnaître par ci par là quelques mots (oui, bon heureusement que les surtitres sont la parce que c'était vraiment deux ou trois mots!).

Et sinon il n'y a plus de places (pas chères!) pour Mme Butterfly, ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnn!!!!

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11 juillet 2008

Un soir à l'opéra, toujours sans Richard

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La dame aux camélias
de John Neumeier
Marguerite Gautier est une prostituée de luxe, une cocotte, une courtisane qui collectionne les amants, qui renonce à sa vie de débauches par amour pour le jeune Armand Duval. Cependant, le père de son amant l'oblige à rompre cette relation. Marguerite cachera donc son secret jusqu'à sa mort, et Armand découvrira avec horreur que sa maîtresse l'avait toujours aimé.
Ce fut un très beau ballet, avec les décors cette fois (contrairement à la déconvenue avec Casse noisette!). A ma grande honte, je n'ai pas encore lu le roman (ça ne saurait tarder!), mais j'ai facilement compris l'histoire (avec il faut bien l'avouer un programme emprunté à nos voisines qui ne supportaient pas les applaudissements, sic!).
Les scènes avec les deux amants sont très émouvantes, parfois avec quelques petites longueurs, mais c'était très beau.
Par contre un petit reproche, la scène d'opéra dans l'opéra lui-même, qui revient à plusieurs reprises, et qui est une métaphore de la relation des deux amants, m'a paru bien superflue, allant même jusqu'à presque gâcher l'émotion du final.
Et puis nous avons assisté à la pièce dans une loge, et vouiiiiiii! Bon j'espérais que Richard Gere s'y cacherait ou Georges, ne soyons pas sectaire, mais ce ne fut pas le cas.

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31 mars 2008

Elèvethrope

J'ai donc survécu à mes 3 heures de 4ème!! Oui, oui la même 4ème, oui, oui avec deux heures d'affilée et une heure de 16h-17h, oui, oui tout ça dans la même journée. Et non, ce n'est pas un choix, on me l'a imposé et on m'a prévenue de la chose à midi... Oui le monde de l'éducation nationale est merveilleux!
Je suis donc lessivée mais je vais tenter d'écrire un billet correct.

frame3191803Hier soir, je suis allée à la Comédie Française voir cette fois Le misanthrope de Molière.
Depuis la représentation calamiteuse du Cid (dont je ne me remettrai jamais je crois, j'avais trouvé Rodrigue débile, c'est dire!), je tremble toujours lorsque je me rends à la Comédie française. Heureusement tout s'est bien passé.
La mise en scène de la pièce était, certes, classique et dépouillée, c'était réussi.
Le décor était assez sympa, fait de murs en tissu qui permettaient de voir à travers, et donnait l'impression qu'il y avait un couloir sur la scène (bon j'explique mal, mais c'était très bien fait). Et les acteurs jouaient vraiment bien. Encore une fois, je n'ai pas entendu les rimes des répliques, et c'était fort appréciable.
J'ai bien ri, et le metteur en scène n'a pas hésité à ajouter quelques petits détails en plus, le geste obscène de Clitandre, discret mais tellement comique à la comédie française, et les mimiques de Philinte qui parlait souvent au public. Enfin les acteurs principaux qui jouaient Alceste, LE misanthrope, incapable de faire preuve d'hypocrisie (ah la la la scène où le marquis récite son sonnet, c'est tordant) et Célimène jouaient vraiment bien.
Un bon moment, donc mais qui n'a pas atteint le niveau de Bérénice, mais c'est peut-être normal, une comédie touche en général moins qu'un tragédie.

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29 mars 2008

Une matinée à l'Opéra toujours sans Richard!

Ce matin, mon réveil a sonné aux aurores, non je n'avais pas, encore une fois, oublié de supprimer l'alarme (comme le lundi de pâques, greuu), mais j'avais rendez-vous à l'Opéra Garnier.
En effet, le collège d'une copine, elle aussi faisant partie du club "prof de français qui cherche une réorientation" organisait pour les élèves de la classe Opéra, leurs parents et les amis des profs (oui moi en l'occurrence), une matinée à l'opéra.
Et pas n'importe quelle matinée, une matinée spéciale VIP, puisque nous avons pu arpenter, non seulement, la salle, mais aussi les coulisses, les ateliers de coutures. Nous avons vu la scène comme vous ne la verrez jamais, toute dépouillée, nous avons même pu nous asseoir au premier rang sans rien débourser, et nous avons assisté à un spectacle improvisé des techniciens qui préparaient les décors du soir (les explications du guide sont passées au second plan devant ce spectacle comique!).
Une belle initiative pour un collège ZEP, le mien devrait en prendre de la graine!
Et voici un résumé en images.

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Et pour les explications de chaque photo c'est de gauche à droite et de haut en bas...
1. La salle de l'opéra Garnier rien que pour nous.
2. Le plafond de Chagall, tant décrié, et son lustre qui n'a encore tué personne, mais son contrepoids tua quelqu'un en tombant, il y a bien longtemps. Mais c'était un vieux, donc ça va (citation d'un élève mdr!)
3. Une salle qui lorgne sur la Galerie des glaces de Versailles.
4. La salle de la lune construite, par erreur, au mauvais endroit.
5. Une maquette d'un ancien décor.
6. et 7. Des tutus
8. Une élève et moi qui nous prenons pour des danseuses étoiles.
9. et 10. Encore des tutus.
11. Je vais faire un plongeon depuis le poulailler.
Et au centre, vous l'avez reconnu hein?

Et pour les anecdotes, nous avons vu la loge du fantôme de l'Opéra, nous avons appris qu'il y avait des ruches sur le toit de l'opéra, et nous avons vu des justaucorps pour garçons assez spéciaux...

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21 mars 2008

"Adieu : servons tous trois d'exemple à l'univers..."

IMG_2389Bérénice de Jean Racine, mise en scène par Lambert Wilson
Je croyais assister à une mise en scène peopleisante, et j'ai vu  la plus belle pièce de théâtre qu'il m'ait été donnée de voir.
Je ne sais pas si cela vient de l'histoire, des acteurs... Je crois que c'est un peu tout cela...
Bérénice aime Titus, empereur romain. Titus aime Bérénice. Nous sommes loin de la tragédie à laquelle on s'attend, si ce n'est cet Antiochus qui se lamente, en taisant, depuis cinq années, son amour pour sa reine.
Mais voilà, à Rome, il est une loi inviolable : un empereur ne peut placer sur le trône une reine étrangère, et Titus DOIT se plier à cet règle!
Bérénice se voit donc rejetée, et s'abandonne au désespoir. Etre rejeté par celui qu'on aime, voilà une bien grande douleur pour toutes celles qui l'ont jamais ressentie! Bérénice va vouloir mourir...
Mais Bérénice, contre toute attente, se résout au plus grand sacrifice... celui de vivre! et devient un exemple pour toutes les abandonnées.
Titus quant à lui, n'est pas à jeter dans l'opprobre, il agit par grandeur morale, car comment être un bon empereur si on dénie soi-même les lois?
Et Antiochus qui pourrait se réjouir ne ressent qu'un chagrin plus grand.
Oui, c'est finalement une tragédie que nous avons là, une tragédie sans mort, mais une tragédie plus tragique que bien d'autres à mes yeux.
Et une telle histoire ne pouvait trouver décor plus adéquat que Le théâtre des Bouffes du nord, théâtre sans scène, les acteurs sont là, à deux doigts de nous (surtout quand on se retrouve au troisième rang car on est en retard. Derniers arrivés, premiers servis...) qui ressemble à un colisée antique avec son sol en pierre, ses murs nus et effrités.
Et puis les acteurs, Lambert Wilson (Titus) m'avait déjà acquise à sa cause, mais même Carole Bouquet (Bérénice) que je n'aimais pas particulièrement et Fabrice Michel (Antiochus), surtout lui d'ailleurs "Hélas!" un mot et tout est dit... m'ont émue jusqu'aux larmes! Je n'entendais même pas les vers (ce qui me dérange habituellement) tant les phrases coulaient d'elles-mêmes.
J'ai vécu un grand moment de théâtre, le plus grand, oserai-je dire, de ma vie!

Posté par Orichan à 20:02 - Théâtre, Opéra - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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