"Le vent se lève. Il faut tenter de vivre."
Miyazaki-sensei
Ce jour-là, quand la vague a frappé, vous êtes la première personne à laquelle j'ai pensé... Et puis, aujourd'hui "le vent se lève et il faut tenter de vivre"... sans vos trésors.
Miyazaki-sensei, vous ne pouvez pas vous arrêter là, c'est comme si vous emportiez la magie, je veux continuer à voir le Totoro de Ghibli avec le coeur tout chamboulé, et des larmes plein les yeux, parce que ça a commencé, il y a tellement longtemps, entre nous!
Avant même de connaître votre nom, Miyazaki-sensei, je voyageais déjà sur le dos d'un omu, nos chemins ne peuvent pas se séparer ici!
Je veux continuer à rêver de croiser un shinigami-cerf en marchant dans la forêt, je veux continuer à regarder les rivières en pensant à un dragon, je veux continuer à chercher des noireaudes dans la poussière, je veux continuer à penser à une petite sorcière en voyant passer un chat noir, je veux continuer à sourire quand je me teins les cheveux, je veux continuer à rêver de château dans le ciel, je veux continuer à espérer voir pousser des graines en une nuit... Je ne veux pas que ce soit la fin Miyazaki-sensei!
Le vent se lève de Hayao Miyazaki
Pour son dernier film, Miyazaki a choisi de raconter la vie de Jiro Horikochi, un ingénieur aéronautique qui sera à l'origine d'un célèbre bombardier japonais qui fera des ravages pendant la seconde guerre mondiale.
Quel étrange choix, quand on connaît le personnage de Miyazaki, mais en choisissant de parler de Jiro Horikochi, Miyazaki parle un peu de lui, comme Jiro, il est un créateur, un esprit rêveur qui a passé sa vie à se consacrer à sa passion, oubliant tout le reste, Jiro délaisse ainsi sa famille, mais aussi sa fiancée qui se meurt de la tuberculose pour son rêve.
C'est le film le plus réaliste de Miyazaki, un Porco Rosso pour de vrai, et qui s'adresse peu aux enfants, j'avais peur de ne pas aimer le sujet, et, c'est vrai que j'ai trouvé quelques longueurs au film notamment au cours des rêves de Jiro, mais pourtant, la magie de Miyazaki était au rendez-vous, j'ai versé des larmes plusieurs fois, et la citation de Valéry en français, m'a arraché mon premier sanglot, et puis après, après... L'histoire d'amour qui est l'arrière plan de l'histoire est la partie qui m'aura le plus bouleversée!
Et puis, il y a toujours ces images magnifiques, ce vent qui souffle qui emporte les chapeaux et notre petit coeur avec, après avoir dessiné la mer avec brio, Miyazaki réussit à dessiner le vent qu'on ne voit pas, et à nous émerveiller une dernière fois.
Sayonara Miyazaki-sensei!