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Au pays d'Ori
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10 septembre 2014

"Dog are just animals, man. They're not like us, trying to reason it all out, make sense of shit that makes no sense."

the-leftovers-intrigante-et-fascinante-afficheThe Leftovers de Damon Lindelof et Tom Perrotta (1 saison, 10 épisodes), HBO
Les créateurs de Lost m'avaient déçue, à l'époque, avec leur histoire boiteuse dont ils ne connaissaient pas la fin et qui a vite tourné au vinaigre pour moi, alors quand je me suis lancée dans The Leftovers, j'avais vraiment peur que cette idée, finalement pas très originale, 2% de la population mondiale qui disparaît sans explication, ne tourne vite court. Et là, le dernier épisode fini, je suis en train de pleurer, je suis bouleversée, et je ne regrette rien.
The Leftovers, c'est donc l'histoire de cette disparition inexpliquée, les gens disparaissent un matin, on ne sait ni où, ni pourquoi, mais finalement, contrairement à ce qu'on croit quand on commence la série, ce n'est pas là que sera la question. The Leftovers prend le scénario à contre-pied, on ne va pas chercher à résoudre le mystère des disparus, la série s'en moque, ce qui compte, ce sont les autres, ceux qui sont restés, seuls, avec leur éternelle question "Pourquoi pas moi?". Comment fait-on pour avancer après ça, quand on a pas les réponses et que nos disparus ne sont plus là, mais pas vraiment morts?
Chaque personnage va tenter de trouver ses réponses et surtout son chemin pour sortir du noir, Kevin (ah! Justin Theroux... je reste sans voix), le flic dont le père a perdu la raison au moment du drame, il y a trois ans, se raccroche au pragmatisme, à la loi, mais derrière la carapace de flic qui n'a perdu personne, il y a le coeur brisé par le départ de sa femme. Sa femme, Laurie s'est réfugiée dans le silence, dans la secte des fumeurs en blanc qui refusent d'oublier et qui rappellent la perte à chaque instant, s'attirant la haine de ceux qui sont restés. Il y a le prêtre qui s'accroche à sa croyance en Dieu, même si Dieu semble l'avoir abandonné, jamais il ne faiblira, il y a l'homme à la chique qui traque les chiens fous comme Achab chassant sa baleine, il y a Nora qui a tout perdu, qui cherche le point commun entre tous les disparus en posant des questions atroces à ceux qui sont restés, et qui joue avec la mort, il y a le fils de Kevin qui a rejoint la secte de ceux qui tentent d'effacer les chagrins... On croise chacun des personnages, on les relie, on apprend à découvrir leurs faiblesses et leurs forces. Chaque personnage englué dans sa tristesse se débat, ou s'enfonce devant nous. Et on le regarde faire, le coeur en bandoulière et souvent des petites larmes au coin des yeux.
Certains reprocheront à la série sa lenteur, mais c'est que le travail de deuil est lent, c'est que le trou est béant, d'autres diront que le scénario ne va nulle part, mais c'est justement ça qui empêchera la série de tourner à la farce aux révélations sans queue ni tête.
La construction de l'intrigue est incroyable et le neuvième épisode et son flash-back est une réussite scénaristique!
Vivement l'été 2015 pour retrouver ces naufragés de la vie.

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Commentaires
A
je n'ai pas réussi à dépasser le 3. J'aimais bien, mais trop de lenteur effectivement, et puis d'autres séries plus addictives se pressaient au portillon, et puis... Bref, j'ai laissé tomber. Je devrais peut être reprendre...
C
ah merci je vais la regarder, tu me donnes envie !
J
Ah que ces mots sont justes! Je te rejoins complètement. Nous avons découvert cette série cet été grâce à un ami.
L
Tu me donnes envie de le lire !
Au pays d'Ori
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